Retour sur la conférence « Qualité Web : l’heure de passer à la caisse »

Retour sur la conférence « Qualité Web : l’heure de passer à la caisse » (le 07/11/2014)

Si dans le billet précédent, je parlais du plaisir d’avoir été spectateur à Paris Web cette année, un bon billet s’imposait sur cette conférence, beaucoup de choses à en dire. On dit qu’une histoire a trois façons d’être racontée : vue de l’extérieur, vue des personnes et vue personnelle.

Je vous laisse deviner quelles façons je vais utiliser, car bien entendu je vais me faire un plaisir d’utiliser les trois.

Mon parrain de qualité

Revenons dans le passé, à trois ans. La Delorean vous aura transporté à Paris Web… 2011. C’est ma première édition, j’en ai beaucoup entendu parler, mais je ne m’étais pas décidé à y aller, c’est désormais chose faite. Ma première conférence sera celle d’Élie Sloïm et de Laurent Denis, qui parlaient d’accessibilité agile. J’avais beaucoup aimé ce que ces deux gars racontaient et de la façon dont ils le racontaient. En se renvoyant la balle, en causant du vécu et en allant au final bien plus loin, pour peu qu’on lise entre les lignes.

Si Monique Brunel est mon incontestable marraine de Paris Web (c’est elle qui m’a fait découvrir ce petit monde), Élie en est mon parrain. Ajoutons à cela qu’il s’occupe d’OpenWeb, qu’il est « redoutablement diplomate » et qu’il fait partie de ces gens qui sont très rarement à côté de la plaque, alors je ne peux que l’admirer. Du coup, je me dis qu’on a plus ou moins « une certaine vision » commune de la qualité Web, alors si on tentait ?

La préparation

Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous sommes passés par tous les états durant la préparation de la conférence.

Stress car emplois du temps bien pris de chaque côté et la date qui ne recule pas, énervements (nous fonctionnons de manière assez différente, ça a fait des étincelles par moment quand on s’en est rendu compte !), grandes joies quand nous avons franchi des caps durant la préparation (les idées qu’on fait rebondir et qui nous emmenerons plus loin que prévu), balle qu’on se renverra… le chemin a autant été enrichissant que semé d’embûches.

J’adore les personnes qui sont capables de me résister et de me canaliser. Pas juste pour le plaisir de troller (ce que je déteste), mais pour étendre mon champ des possibles. Perso, je suis plutôt du genre gladiateur qui fonce dans l’arène, Élie est beaucoup plus réfléchi. Il pense global, je pense détails et enchainements logiques (le métier d’intégrateur qui met de l’huile partout dans les projets ressort). Ma grosse peur : que le duo ne fonctionne pas et que l’on s’annule. Du coup, Élie trouvera la solution : je serai à contre-emploi pour l’exemple (ce chef de projet qui nie l’évidence est mon total opposé, un vrai rôle de composition pour moi), et je n’aurais qu’à me laisser guider, Élie étant un excellent orateur.

Nous répéterons durant deux semaines, sans arrêter de modifier, d’améliorer, d’élaguer. Je ne sais pas combien d’heures nous y avons passé, mais un paquet. La veille de Paris Web, nous remanierons encore l’introduction, toujours sur ses bons conseils. Je lui glisserai un petit « ne me ménage pas quand je ferai le chef de projet, tu es trop gentil… sois féroce ».

L’heure de passer… sur scène

Bon, on ne va pas se le cacher, ouvrir le bal à Paris Web, on était un peu tendus. Pas qu’un peu en fait. Ceci dit, la salle était chaleureuse, je m’y suis senti bien. Nous attendions, la salle vide, puis deux personnes sont entrées. On s’est dit ouf, on ne sera pas seuls.

Nous ne tenions tellement plus en place que nous nous sommes mis à faire les hôtesses d’accueil, nous allions saluer les personnes qui rentraient. La salle se remplira petit à petit, et au final, une grosse vague arrivera, et la salle sera comble, pour notre plus grand bonheur. Arrive le moment de se lancer, et c’est parti.

L’heure de passer à la caisse

J’espère vraiment que nos messages sont passés. N’hésitez pas à nous en parler, en bien ou en mal, peu importe, mais les retours ça enrichit.

Certes nous avons mis en scène un exemple de manière comique, mais croyez-moi, les petites gamelles qui font très mal, c’est du vécu, je n’aurais pas pu les inventer.

Ce que je constate, c’est que ces petites erreurs aux grandes conséquences font de plus en plus mal. Autant sur les personnes (le moral, l’estime de soi, la frustration) que sur le business (image, etc.). Peut-être même encore plus sur les personnes d’ailleurs : le business, l’argent, c’est important, je ne vais pas le nier : ce sont des métiers de plus en plus pointus sur un secteur de plus en plus compétitif. Mais au final, la personne et son bien-être dépassent cela. Ce chef de projet que j’ai interprété qui nie qu’il est en train de crever à petit feu n’a pas de vision à long terme, il n’a aucun avenir, il n’y a rien de pérenne à fonctionner ainsi, tout juste bon à finir bardé d’ulcères.

Je crois que ces galères de coûts de non-qualité et l’usure sur nos corps et nos esprits sont trop souvent sous-estimées. Tout cela, ce n’est pas une vision durable. Car c’est bien le but de la qualité Web : pérenniser notre écosystème.

Une remarque nous mettra la puce à l’oreille durant la préparation : au lieu de se poser la question de comment éviter/gérer un client chiant, qu’est-ce qui fait qu’un client est génial ? J’ai repensé pour ma part à mon client préféré, et la conclusion était évidente : il ne discutait pas la qualité Web, car il l’a comprise. Vous devriez faire cet exercice, pensez à votre client préféré et demandez-vous pourquoi il l’est.

Et je peux vous dire qu’on n’a pas fini d’en parler, de cette compréhension de nos clients.

Achievements unlocked

Pour ma part, très très forts : ne pas être reconnu par sa propre mère grâce au superbe accessoire capillaire, c’est quelque chose ! Elle ne fut d’ailleurs pas la seule, car ma marraine de Paris Web a cru également s’être trompée de salle, ne nous ayant pas reconnus au premier coup ! C’est l’effet perruque. :)

Et le plaisir de faire un duo avec un de mes héros du Web, ça n’a pas de prix. Parler sur scène de checklists qualité, lui sortir « je crois que tu en connais certaines ? » et entendre un « non » en guise de réponse (quand on connait le personnage et ce qu’il représente), je hurlais de rire intérieurement. Notez qu’on n’a pas prononcé le mot « Opquast » une seule fois sur scène… ce qui constitue un véritable exploit tellement cette marque, ce sceau devient incontournable en matière de qualité Web.

Pour mon parrain de Paris Web

Merci pour ce moment, comme dirait cette chère Valérie. Je me suis enrichi avec et grâce à toi, et vu que la connaissance est une de mes valeurs les plus capitales, je te remercie encore de les avoir autant enrichies. Et je peux te faire une prédiction : en matière de qualité Web, je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin.

Et comme disait Serge (pas le lama hein) : moi non plus.

Permalien :

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3 commentaires

Posté par Chapitre Onze le 14/11/2014 à 9:38:02
Tout d'abord et tout simplement,ce billet résume très bien l'esprit "Paris Web".

Votre conférence m'a beaucoup parlé, ayant moi-même vécu ce genre de situation en entreprise. On oublie bien trop souvent de prendre soin du bien-être des personnes.

Elie Sloïm et toi êtes complémentaires dans votre façon de gérer un projet. La complémentarité, selon moi, permet de faire avancer les choses.

"Merci en tout cas pour ce moment" (là c'est Valérie qui le dit (clin d’oeil) ) et merci de nous avoir avoir dévoilé l'envers du décor.
Posté par Nico le 15/11/2014 à 8:50:38
Merci pour ce commentaire, c’est vraiment important pour nous qu’on aie des retours sur ce sujet. (sourire)
Posté par Elie le 15/11/2014 à 17:25:34
Ce billet m'a fait énormément plaisir. Ca fait longtemps que je fais ce con de métier, et c'est ce genre de retours qui remettent du carburant dans le moteur. Par ailleurs, ça a été très très agréable de dérouler ce projet avec toi. Merci.

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Cet article a été écrit par Nicolas Hoffmann.

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